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Sur la ligne de feu

Si l’année 2009 reste la plus meurtrière pour la presse, avec 110 journalistes décédés dans l’exercice de leurs fonctions, 2011 arrive en deuxième position selon les données compilées par l’Institut international de la presse (IPI).

L’organisme dont le siège social est situé à Vienne, en Autriche, a recensé 103 journalistes tués en 2011.

La situation semble de plus en plus dangereuse pour les femmes sur la scène internationale. Reporters sans frontières a même livré une mise en garde aux responsables des rédactions, en lien avec les soulèvements dans le monde arabe.

« Nous appelons les rédactions à la prudence et à se soucier en priorité de la sécurité de leurs envoyés spéciaux et de leurs correspondants. Il est plus dangereux pour une femme que pour un homme de couvrir les événements de la place Tahrir», avait écrit l’organisation à la fin du mois de novembre 2011.

Les cas de Lara Logan de CBS, Mona Al-Tahawy  éditorialiste américano-égyptienne et de Caroline Sinz, journaliste de France 3, sont à l’origine de cette prise de position de RSF.

Reporters sans frontières a par la suite ravisé quelque peu sa position sur la « permission » d’envoyer des femmes en zone de conflit. L’idée n’est donc pas tant de freiner la présence de femmes, mais comment, de manière plus large, assurer la sécurité des journalistes envoyés à l’étranger – sachant qu’un homme peut aussi être malmené, violenté ou torturé.

En ajoutant également la pression économique des entreprises de presse, ou on décide de n’envoyer qu’un journaliste en zone de conflit, les organisations ne viennent-elles pas hypothéquer la sécurité de leurs journalistes?

Avec 36 morts, c’est l’Amérique latine qui arrive en tête du sombre palmarès des victimes, suivie du Mexique. La deuxième région est le Moyen-Orient, avec 21 journalistes décédés, dans un contexte de conflits nourris liés aux perturbations dans tout le monde arabe.

Selon l’Institut, «la probabilité de voir les responsables de ces meurtres traduits en justice est proche de zéro», peut-on lire dans un communiqué publié par l’organisation, qui ajoute que les chiffres ne font que croître depuis dix ans. En 2001, l’IPI avait recensé 55 journalistes tués.

 

Lise Millette est journaliste à La Presse Canadienne et membre de la Guilde Canadienne des médias.

 

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